Galerie Bertran

Ecole de Rouen, Ecole Normande, Art, antiquités, peinture XIXeme et XXeme siècle



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Ecole de Rouen : journal exposition d’été 2011 art.6


Marcel Couchaux

Marcel Couchaux

Ecole de Rouen : journal exposition d’été 2011 art.6

Marcel COUCHAUX (1877-1939)

L’âme de la campagne normande…

Marcel Couchaux s’est singularisé en jouant son « petit air de flûte » comme le disait son maître Delattre. Attentif à ses préceptes, il se plonge dans une forme d’expression personnelle qui le passionne. Exprimer dans ses toiles, l’esprit de l’âme normande dans ses portraits d’animaux, dans ses visages de paysans rudes ou de ses enfants perdus dans leurs rêves. D’une pâte chaleureuse et grasse, et en mariant des couleurs étonnantes, il rend l’ambiance des cours de ferme et des vergers normands. Deux toiles de ce peintre seront visibles : « La lecture », où deux enfants sagement assis compulsent un album de famille. Vêtus de leurs baudes d’écolier, ils montrent le parti pris du peintre à privilégier le réalisme et l’étude de caractère sans trop de considération pour l’aimable. Et « La lessive » qui traduit l’ambiance d’une chaude soirée de printemps où les femmes se réunissent et s’affairent à étendre une fois par an, une grande lessive commune. Draps et chemises de lin forment un carré qui donne toute la profondeur au tableau. Cette toile a été exposée au Salon des Artistes Rouennais de 1913 qui rendait un hommage à Delattre décédé 6 mois plus tôt.

 




Ecole de Rouen : journal exposition d’été 2011 art.5


Alfred Dunet

Alfred Dunet

Ecole de Rouen : journal exposition d’été 2011 art.5

Alfred DUNET (1889-1939)

Cubisme aux lignes courbes…

Singulier personnage aussi qu’Alfred DUNET dont l’expression est très originale.
Il suit les pas de Pierre DUMONT et Pierre HODE pour s’installer à Montmartre dans les années 20. Ses vues de Rouen et de Paris sont sublimées et souvent déstabilisantes. Dans une matière grasse, les coups de brosses hachurent les couleurs sourdes et vives qui se superposent et se mélangent en suivant des lignes arrondies. Les murs de guingois et les toitures qui s’enchevêtrent achèvent ses paysages étranges qui tournent en rêve son cubisme poétique. Sujets de prédilection pour les peintres, la rue de l’Epicerie à Rouen, tout comme la Maison de Mimi Pinson de Montmartre que nous présentons ont aujourd’hui disparu. Cinq autres œuvres complètent la vision de cet artiste imaginatif.




Ecole de Rouen : journal exposition d’été 2011 art.4


Pierre Dumont

Pierre Dumont

Ecole de Rouen : journal exposition d’été 2011 art.4

Pierre DUMONT (1884-1936)

Un fauve de 1901 se libère.

L’été dernier, dans notre exposition « Normandie Impressionniste », nous avions réuni des toiles fauves de Pierre Dumont (1884-1936) dont une vue de La côte Sainte Catherine que nous dations sagement de 1907. La surprise fût grande quand nous avons découvert dans une collection, une toile de la même veine et d’un sujet identique datée de 1901. Nous connaissions la hardiesse des jeunes élèves de Delattre dont le Blainville-Crevon daté 1900 de Maurice Louvrier (1878-1954), mais ignorions que le jeune et tumultueux Dumont, encouragé par son maître et les discussions de l’atelier avait brossé si tôt des toiles si audacieuses, peut-être ébloui par les peintures de Van Gogh,. Nous sommes quatre ans avant l’exposition des Fauves et il est bon de reconsidérer certains de ces peintres, qualifiés à mauvais escient de suiveurs. Ils peignaient avec la fougue de leurs vingt ans et cherchaient à se singulariser dans leur art. Louvrier nous parle de ce temps où il se retrouvait avec le poète Francis Yard et son ami Pierre : « … Avec ceux-là aussi ce sera d’affolantes querelles : cris, verres renversés, injures, querelles ne s’arrêtant qu’à la naissance du pugilat. Mais avec eux, de l’amitié va naître, grandir au milieu d’un tas de luttes nécessaires. Cher vieux Delattre, qui avait un quart de siècle de plus que Dumont, quelle douceur et quelle beauté dans la trace que tu as laissée parmi nous. »

 




Ecole de Rouen : journal exposition d’été 2011 art.3


Pierre Le Trividic

Pierre Le Trividic

Ecole de Rouen : journal exposition d’été 2011 art.3

Pierre LE TRIVIDIC (1898-1960)

Regards croisés…

Dix sept ans ont passé et nous retrouvons sur nos cimaises ces deux dessins, témoins de la rencontre entre deux artistes à Rouen, Léonard Foujita, alors au sommet de sa gloire et Pierre LeTrividic, figure rouennaise bien connue. Le 13 mai 1930, le peintre Tsuguharu Léonard Foujita vient visiter son exposition de dessins et d’eaux-fortes de la Galerie Prigent à Rouen. Le Trividic est dessinateur pour le journal « Rouen Gazette » et couvre l’événement.
Séduits par leurs talents réciproques, les deux artistes se croquent. Le Trividic attrape, comme il sait le faire, les traits de l’artiste japonais pour la presse et exécute un dessin plus fini que nous reproduisons ci-contre. Foujita, quant à lui, saisit une feuille de la Bourse datée de la veille et esquisse le portrait de Le Trividic. Nous remercions Madame Sylvie Buisson qui a authentifié ce dessin..




Ecole de Rouen : journal exposition d’été 2011 art.2


Charles Angrand

Charles Angrand

Ecole de Rouen : journal exposition d’été 2011 art.2

Charles ANGRAND (1854-1926)

Le compagnon de Seurat

Enfant du pays de Caux, cet artiste a peu produit et ses œuvres sont rares sur le marché. Nous somme heureux de pouvoir présenter cette Étude de nu qui de nouveau, croise notre chemin.
De caractère indépendant et solitaire, ce peintre déterminé s’est isolé dans ses recherches techniques et chromatiques. Pour chaque œuvre, il expérimente, ces nouvelles tentatives l’emmènent vers un perfectionnement en peinture, dessin et pastel. De son amitié pour Seurat, qu’il aura le privilège d’accompagner sur le motif à l’Ile de la Jatte, naît une passion pour le divisionnisme. Lors de ces années parisiennes il participe au Salon des Indépendants dont il devient l’un des membres.

Le critique Félix Fénéon parlait de lui en ces termes : « (Angrand) qui exposait pour la première fois en 1883 n’a pas adopté la facture impersonnelle et comme abstraite des dissidents de l’impressionnisme. Sa brosse d’une violence rusée, travaille et triture ingénieusement la pâte épaisse et plastique, la configure en reliefs, l’érafle, l’écorche, la guilloche et la papellone. »




Ecole de Rouen : journal exposition d’été 2011 art.1


Léon-Jules Lemaitre

Léon-Jules Lemaitre

Ecole de Rouen : journal exposition d’été 2011 art.1

Léon-Jules LEMAITRE (1850-1905)

Celui par qui le scandale arrive.

Ce tableau est un témoignage de la vie rouennaise. A la fin du XIXe siècle les grands voiliers accostent le long du Cours-Boïldieu, l’animation portuaire vient alors jusqu’au cœur de la ville et les grands cafés qui bordent les quais sont des lieux de rencontre, d’information et de distraction. On remarque les réverbères, les kiosques, le fiacre et l’omnibus à impériale tirés par des chevaux. Des fumées grises indiquent la présence de vapeurs dont les cheminées dépassent du quai. Léon-Jules LEMAITRE  a fait sa spécialité de ces vues de Rouen par temps gris où les ombres des passants accompagnent sur le sol mouillé les hommes en hauts-de-forme, les femmes en robes noires et, bien souvent, le petit boulanger en blouse blanche qui transporte avec empressement ses pâtisseries, un plateau sur la tête. C’est en 1880 que le peintre revient enthousiaste de Paris, ébloui par la peinture impressionniste. Charles ANGRAND, Charles FRECHON et Joseph DELATTRE séduits à leur tour, adoptent ce mouvement. Cela lui vaut l’inimitié des élus et de la bourgeoisie rouennaise dont il ne retrouvera la faveur qu’à la présentation de ces scènes de boulevard mises à la mode par Degas et Caillebotte. « … nul mieux que lui a rendu les vieux monuments de Rouen dans leur brume particulière, et ses toutes petites toiles sont de petits bijoux qu’ on accroche avec plaisir à ses murs ».    Jérome Doucet

 




Peintres de l’Ecole de Rouen


Charles ANGRAND (1854-1926)

Charles ANGRAND (1854-1926) : Maternité

Peintres de l’Ecole de Rouen

du 9 février au 31 mars 2007

Charles Angrand (1854-1926) : ” Maternité” Crayon Conté, cachet en bas à gauche, 65 x 48 cm Dessiné à Saint Laurent en Caux entre 1896 et 1899

Exposition : Génération of draughtsman 1962 the University of Michigan Muséum of Art Ann Arbor Galerie Michael Hass à Berlin

” Ce sont les plus beaux dessins de peintre qui soient, des poèmes de lumières…”

Paul Signac.




Merveilles de l’Ecole de Rouen


Michel Bertran aborde l’hiver avec une très solide exposition dédiée à l’Ecole de Rouen, doublée d’une superbe présence des sculptures, terres cuites gigantesques et petits bronzes de Carrier-Belleuse.

Autre grande signature, celle de Jacques Villon, dont cette galerie possède plusieurs très belles gravures. L’Ecole de Rouen est présente avec de remarquables pièces. A commencer par celle de Pierre Hodé, “Cargos dans le port de Rouen” Une petite toile d’essence cubiste. A noter aussi les très petits formats d’Alfret Dunet, lui aussi cubiste. Et puis un beau Couchaux, un bouquet d’anémones placé en plein air, face au coteau. Des fleurs encore signées Louvrier, un port de Rouen sous la neige de Georges Cyr, un autre de Vaumousse, des natures mortes éclatante pour Tirvert, un bouquet de dahlias de Pinchon, le coup de crayon ravageur de Le Trividic dès qu’une danseuse passe à portée.Un Delattre et une imposante série de Dumont très en pâte onctueuse.Et puis Guilbert, Mascart, de nombreux croquis d’Eustache Bérard, célèbre figure rouennaise de la première moitié du XIXe siècle et un superbe Bordes, vue de Montmartre.

Paris-Normandie
29 Novembre
Rémi PARMENT




Un siècle de peinture en Normandie


L’association Touristique de l’Abbaye Romane St-Georges et la galerie Michel Bertran ont réuni, dans ce lieu chargé d’histoire qu’est cette abbaye, les gravures, dessins, lavis et peintures illustrant les différents courants artistiques normands de 1850 à 1950. Depuis le populaire Eustache Bérat né en 1791, chansonnier, portraitiste et aussi un peu caricaturiste, jusqu’à Gaston Sébire, dernier représentant de la fameuse Ecole de Rouen.

Art Actualités Magazine
Novembre 1997




L’Ecole de Rouen


Albert Lebourg

Albert Lebourg

L’Ecole de Rouen

Exposition à partir du 11 mai 1996 –

 

Albert LEBOURG (1849-1928) : La Seine à Neuilly




Sous le regard de Monet


“L’Ecole de Rouen”, on a coutume de grouper sous ce nom un certain nombre de peintres de milieux et même de tempéraments très différents, mais liés entre eux par une amitié à l’épreuve du temps et un même amour de la nature. Les trois premiers représentants de ce groupe sont Joseph Delattre, Charles Angrand et Albert Lebourg. Dès 1877, on désigne l’ensemble de ces peintres sous le nom d’Ecole de Rouen. En 1895, Joseph Delattre fonde une “Académie Libre”où viennent se joindre Pinchon, Louvrier, Guilbert, Couchaux, Vaumousse, Dumont, Tirvert, Hodé, Suzanne, Hénocque, Madeleine. Régulièrement Pissaro vient leur apporter son réconfort. En 1907, Delaunay et Paul Mascart créent la Sté des artistes rouennais et organisent des expositions à Rouen.

Aujourd’hui, la galerie Michel Bertran permet de retrouver ces impressionnistes rouennais “sous le regard de Monet” (1er Juin au 15 Septembre 1994)

Bulletin Economique
Juillet 1994




Ecole de Rouen : Journal du 11 mai 1988 art.1


Philippe ZACHARIE

Philippe ZACHARIE

Ecole de Rouen : Journal du 11 mai 1988

L’été 1888, il Y a tout juste un siècle, la vitrine de la galerie Legrip, rue de la Rèpublique à Rouen, offrait aux regards des passants des toiles signées Charles ANGRAND, Charles FRECHON et Joseph DELATTRE. Trois peintres paysagistes, amis fidèles, artistes audacieux, « jeunes, ardents, aimant la lutte » écrira plus tard un critique.
Et quelle lutte! Faire accepter à un public conservateur, habitué aux oeuvres sombres et « léchées » des maîtres académiques, la division du ton, les taches de couleurs pures, les formes dissoutes par la lumière, les ombres bleues, vertes ou mauves …
Eh oui, cette peinture qui nous semble aujourd’hui si « sage » indignait hier par son extravagance. Les comptes-rendus de la presse de l’époque sont à cet égard très instructifs. A l’occasion de l’exposition « impressionniste » de 1876, un critique respecté écrivait: « On vient d’ouvrir chez Durand-Ruel une exposition de soi-disant peinture. Le passant inoffensif entre, attiré par les affiches, et un terrible spectacle s’offre à sa vue. Cinq ou six déments, dont une femme se sont réunis pour exposer leurs œuvres. J’ai vu des gens éclater de rire devant ces tableaux ; quant à moi, j’ai souffert. Ces prétendus artistes se veulent intransigeants, « impressionnistes ». Ils prennent une toile, de la peinture et un pinceau, répandent de la couleur au hasard et apposent leur signature. C’est comme si les pensionnaires de Charenton ramassaient les cailloux du chemin croyant trouver des diamants » (1)
Dix ans plus tard, les propos se sont adoucis, les mentalités ont évolué, mais avec lenteur, et si Paris commence à s’accoutumer à ces audaces, il n’en est pas de même en province. La réponse de Camille PISSARRO à un ami rouennais qui l’invitait à exposer le confirme: « A Rouen, on me lancerait des pommes cuites. Pensez qu’à Paris nous sommes encore des galeux, des gueux. Non! Il est impossible qu’un art qui dérange tant de vieilles convictions réunisse l’assentiment, et à Rouen encore, patrie de Flaubert qu’ils n’osent avouer !.. » (2)
L’impressionnisme n’avait pas encore conquis ses titres de gloire et la voie choisie par nos jeunes peintres était loin d’être la plus « facile ».

La logique et la raison voulaient qu’ils peignent, comme leurs maîtres de l’école des Beaux-Arts, des sujets inspirés de l’histoire et de la littérature, le « Grand genre » composé de personnages aux allures théâtrales, impeccablement peints et modelés comme des statues de marbre. Mais voilà, l’esprit d’indépendance, l’amour de la nature et les fréquents séjours de Monet, Pissarro et Sisley à Rouen ont modifié le cours des choses. Lebourg, puis Angrand, Frechon, Delattre et Lemaître se sont mis à peindre en plein air, « sur le motif » comme disait Cézanne, des paysages « anodins » noyés dans la brume ou inondés d’une lumière nacrée, sans ruine antique ou toute autre fantaisie. Gustave MORIN leur avait inculqué l’art du dessin, le dosage savant des ombres et des lumières qui modèle les formes … , mais le « pleinairisme » nécessitait des techniques plus spontanées, capables de saisir la nature dans ses aspects les plus fugaces et ses nuances les plus subtiles. Au grand air, le modelé et le contour des formes s’estompent, le ton local disparaît et fait place à un échange infini de reflets dansants où le sujet tremble et se fond dans l’atmosphère humide des bords de Seine. Une « manière picturale » qui va très vite recueillir de nombreux adeptes parmi les jeunes artistes rouennais, grâce à l’initiative deJoseph DELATTRE d’organiser un cours de plein air. « Quand je dis cours, explique-t-il, c’est bien prétentieux, étant donné ma façon de voir le sujet. Ce sera plutôt un mode d’entraînement: promenades à la campagne, où chacun pourrait dire ce qu’il éprouve, où l’on pourrait causer, travailler … ». (2)
Une véritable « récréation » pour les élèves de l’école des Beaux-Arts, habitués à l’enseignement de Zacharie. Bientôt, ils sont huit puis dix à bénéficier des conseils de leur aîné: Marcel COUCHAUX, Maurice LOUVRIER, Léon SUZANNE le boulanger, Maurice VAUMOUSSE, Georges BRADBERRY, Narcisse HENOCQUE, Narcisse GUILBERT, Paul MASCART, Hippolyte MADELAINE, et plus tard Eugène TIRVERT, toute une pléiade de jeunes talents, avides de nouveauté et de liberté. L’expression « École de Rouen », si controversée, trouve ici l’une de ses raisons d’être. Imprégnés des mêmes paysages, des bords de Seine aux vieilles rues rouennaises, ils sont surtout liés par l’amitié et des lieux de rendez-vous communs : l’atelier de Joseph DELATTRE, rue des Charrettes, et les cafés d’alentour. Par la suite, les chemins divergent: les uns se contentent d’observer la nature et ses métamorphoses, les autres poursuivent leurs recherches, se nourrissant des révolutions picturales qui se bousculent en ce début de siècle. Du petit « écrin » de bleus et de gris peint par Maurice LEMAITRE, où la mer, les falaises et les silhouettes féminines se mêlent avec douceur, à la nature morte « cubisante » de Pierre HODE, on mesure toute la diversité de cette « école ». Deux générations d’artistes, un style propre à chacun et des influences plus ou moins marquées mais toujours la même sensibilité, la même poésie; celle des choses les plus simples: le bouquet de fleurs posé sur le rebord d’une fenêtre, l’enfant qui joue dans le jardin, les bateaux en attente dans le port ou les rues de la ville aux cent clochers.
Laurence FLAMENT

(1) E. GOMBRICH, « Histoire de l’art ». Flammarion, 1982.

(2) B. DU CHATENET, « Joseph DELATTRE », Ed. B.D.S., Rouen.

Reproduction – Philippe  ZACHARIE : La lecture
Dessin à la pierre -noire