Galerie Bertran

Ecole de Rouen, Ecole Normande, Art, antiquités, peinture XIXeme et XXeme siècle



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Exposition d’automne 2014


 

Charles FRECHON

Charles FRECHON : Meules au couchant

Exposition d’automne 2014

Pour la rentrée 2014, la Galerie Bertran présente ses dernières acquisitions. De nombreuses toiles, aquarelles et dessins allant de 1880 à 1940 sont exposés. Le paysage, le nu et la nature morte se côtoient avec des toiles choisies de peintres de l’École de Rouen et d’artistes normands.
Une grande diversité picturale se concentre au 108 de la rue Molière pour cette exposition d’Automne.
Deux Mousquetaires* sont à l’affiche : Charles Frechon (1856-1929) avec des Meules au couchant, toile brossée vigoureusement avec une palette aux teintes vives et, Léon-Jules Lemaître (1850-1905) avec Le Gros-Horloge, panneau traité en camaïeu de gris, animé de personnages. La petite production de ces artistes, due à un incendie pour le premier et à un décès prématuré pour le second, fait de leurs peintures des pièces prisées par les collectionneurs.
Autre figure importante de l’exposition, le peintre post-cubiste Pierre Hodé est également présent, avec trois oeuvres dont une de 1921 représentant un buveur.
Cette importante réunion de toiles provient essentiellement de collections privées. Ces oeuvres inédites seront présentées à la galerie jusqu’au 14 novembre 2014.

* Mousquetaires : Surnom donné à Léon Jules Lemaître, Charles Angrand, Charles Frechon et Joseph Delattre, artistes dissidents qui mèneront une fronde contre l’académie de peinture rouennaise.

Antoine Bertran

2014 autumn exhibition

For September 2014, the Bertran Gallery presents its latest acquisitions. Many paintings, watercolors and drawings from 1880-1940 are on display. The landscape, the nude and still life, share the picture rails with selected works by painters of the School of Rouen and Normandy artists.

A large pictorial diversity is concentrated in 108 of the Street Molière for this Autumn exhibition.
* Two Musketeers are showing : Frechon Charles (1856-1929) with the setting wheels, vigorously brushed canvas with a palette with bright colors and Leon-Jules Lemaître (1850-1905) with Gros-Horloge, treated panel in shades of gray, animated characters.




Charles FRECHON


Charles FRECHON (1856-1929)

Inscrit en 1879 à l’Académie de peinture et de dessin, il rencontre Lemaître, Angrand et Delattre. Comme eux, il est séduit par les oeuvres impressionnistes et choisit de peindre en plein air. Ses couleurs claires appliquées sur la toile en petites touches légères composent des paysages d’une grande fraicheur : pommiers en fleurs, meules dorées, feuillages rougis par l’automne ou prairie enneigée…
Peintre des saisons, habile à saisir toutes les nuances de la campagne normande, il a brossé également quelques scènes charmantes de son jardin.

Tableaux de Charles FRECHON actuellement en vente à la galerie




Marcel DELAUNAY


Marcel DELAUNAY (1876-1959)

Elève de l’école des Beaux-Arts, il profite également des “leçons de nature” de son aîné Charles Frechon.Pour pallier à l’inertie des Sociétés de Peintures locales, il décide de fonder la Société des Artistes Rouennais.Organisateur et homme d’action infatiguable, défenseur du patrimoine artistique, il est à l’origine de la société des Monuments et Sites de l’Eure. “Ami du Beau”, il s’intéresse à toutes ses manifestations : de l’architecture monumentale aux chaumières fleuries. Dans ses toiles hautes en couleurs, les fleurs : phlox, roses, tulipes ou lilas , occupent une place privilégiée.

Tableaux de Marcel DELAUNAY  actuellement en vente à la galerie

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Edouard DE BERGEVIN


Edouard DE BERGEVIN (1861-1925)

Inscrit à l’académie de peinture de Rouen en même temps que Frechon, Angrand et Delattre, il poursuit sa formation à Paris dans l’atelier de Gérome qui le considère comme l’un de ses meilleurs élèves.
Portraitiste fort apprécié de ses contemporains, illustrateur et affichiste, c’est aussi un paysagiste délicat. Souvent accompagné de son ami Delattre, il se promène dans la campagne du côté de Dieppedalle ou Petit-Couronne, ou saisit l’atmosphère d’une rue de la ville aux cent clochers.

Tableaux de Edouard DE BERGEVIN  actuellement en vente à la galerie

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L’ECOLE DE ROUEN


Charles FRECHON (1856-1929)

Charles FRECHON (1856-1929)

 

L’ECOLE DE ROUEN de Joseph DELATTRE à Michel FRECHON

du 17 mai au 31 juillet 1996

Charles FRECHON : Fenaison




Ecole de Rouen : Journal du 11 mai 1988 art.1


Philippe ZACHARIE

Philippe ZACHARIE

Ecole de Rouen : Journal du 11 mai 1988

L’été 1888, il Y a tout juste un siècle, la vitrine de la galerie Legrip, rue de la Rèpublique à Rouen, offrait aux regards des passants des toiles signées Charles ANGRAND, Charles FRECHON et Joseph DELATTRE. Trois peintres paysagistes, amis fidèles, artistes audacieux, « jeunes, ardents, aimant la lutte » écrira plus tard un critique.
Et quelle lutte! Faire accepter à un public conservateur, habitué aux oeuvres sombres et « léchées » des maîtres académiques, la division du ton, les taches de couleurs pures, les formes dissoutes par la lumière, les ombres bleues, vertes ou mauves …
Eh oui, cette peinture qui nous semble aujourd’hui si « sage » indignait hier par son extravagance. Les comptes-rendus de la presse de l’époque sont à cet égard très instructifs. A l’occasion de l’exposition « impressionniste » de 1876, un critique respecté écrivait: « On vient d’ouvrir chez Durand-Ruel une exposition de soi-disant peinture. Le passant inoffensif entre, attiré par les affiches, et un terrible spectacle s’offre à sa vue. Cinq ou six déments, dont une femme se sont réunis pour exposer leurs œuvres. J’ai vu des gens éclater de rire devant ces tableaux ; quant à moi, j’ai souffert. Ces prétendus artistes se veulent intransigeants, « impressionnistes ». Ils prennent une toile, de la peinture et un pinceau, répandent de la couleur au hasard et apposent leur signature. C’est comme si les pensionnaires de Charenton ramassaient les cailloux du chemin croyant trouver des diamants » (1)
Dix ans plus tard, les propos se sont adoucis, les mentalités ont évolué, mais avec lenteur, et si Paris commence à s’accoutumer à ces audaces, il n’en est pas de même en province. La réponse de Camille PISSARRO à un ami rouennais qui l’invitait à exposer le confirme: « A Rouen, on me lancerait des pommes cuites. Pensez qu’à Paris nous sommes encore des galeux, des gueux. Non! Il est impossible qu’un art qui dérange tant de vieilles convictions réunisse l’assentiment, et à Rouen encore, patrie de Flaubert qu’ils n’osent avouer !.. » (2)
L’impressionnisme n’avait pas encore conquis ses titres de gloire et la voie choisie par nos jeunes peintres était loin d’être la plus « facile ».

La logique et la raison voulaient qu’ils peignent, comme leurs maîtres de l’école des Beaux-Arts, des sujets inspirés de l’histoire et de la littérature, le « Grand genre » composé de personnages aux allures théâtrales, impeccablement peints et modelés comme des statues de marbre. Mais voilà, l’esprit d’indépendance, l’amour de la nature et les fréquents séjours de Monet, Pissarro et Sisley à Rouen ont modifié le cours des choses. Lebourg, puis Angrand, Frechon, Delattre et Lemaître se sont mis à peindre en plein air, « sur le motif » comme disait Cézanne, des paysages « anodins » noyés dans la brume ou inondés d’une lumière nacrée, sans ruine antique ou toute autre fantaisie. Gustave MORIN leur avait inculqué l’art du dessin, le dosage savant des ombres et des lumières qui modèle les formes … , mais le « pleinairisme » nécessitait des techniques plus spontanées, capables de saisir la nature dans ses aspects les plus fugaces et ses nuances les plus subtiles. Au grand air, le modelé et le contour des formes s’estompent, le ton local disparaît et fait place à un échange infini de reflets dansants où le sujet tremble et se fond dans l’atmosphère humide des bords de Seine. Une « manière picturale » qui va très vite recueillir de nombreux adeptes parmi les jeunes artistes rouennais, grâce à l’initiative deJoseph DELATTRE d’organiser un cours de plein air. « Quand je dis cours, explique-t-il, c’est bien prétentieux, étant donné ma façon de voir le sujet. Ce sera plutôt un mode d’entraînement: promenades à la campagne, où chacun pourrait dire ce qu’il éprouve, où l’on pourrait causer, travailler … ». (2)
Une véritable « récréation » pour les élèves de l’école des Beaux-Arts, habitués à l’enseignement de Zacharie. Bientôt, ils sont huit puis dix à bénéficier des conseils de leur aîné: Marcel COUCHAUX, Maurice LOUVRIER, Léon SUZANNE le boulanger, Maurice VAUMOUSSE, Georges BRADBERRY, Narcisse HENOCQUE, Narcisse GUILBERT, Paul MASCART, Hippolyte MADELAINE, et plus tard Eugène TIRVERT, toute une pléiade de jeunes talents, avides de nouveauté et de liberté. L’expression « École de Rouen », si controversée, trouve ici l’une de ses raisons d’être. Imprégnés des mêmes paysages, des bords de Seine aux vieilles rues rouennaises, ils sont surtout liés par l’amitié et des lieux de rendez-vous communs : l’atelier de Joseph DELATTRE, rue des Charrettes, et les cafés d’alentour. Par la suite, les chemins divergent: les uns se contentent d’observer la nature et ses métamorphoses, les autres poursuivent leurs recherches, se nourrissant des révolutions picturales qui se bousculent en ce début de siècle. Du petit « écrin » de bleus et de gris peint par Maurice LEMAITRE, où la mer, les falaises et les silhouettes féminines se mêlent avec douceur, à la nature morte « cubisante » de Pierre HODE, on mesure toute la diversité de cette « école ». Deux générations d’artistes, un style propre à chacun et des influences plus ou moins marquées mais toujours la même sensibilité, la même poésie; celle des choses les plus simples: le bouquet de fleurs posé sur le rebord d’une fenêtre, l’enfant qui joue dans le jardin, les bateaux en attente dans le port ou les rues de la ville aux cent clochers.
Laurence FLAMENT

(1) E. GOMBRICH, « Histoire de l’art ». Flammarion, 1982.

(2) B. DU CHATENET, « Joseph DELATTRE », Ed. B.D.S., Rouen.

Reproduction – Philippe  ZACHARIE : La lecture
Dessin à la pierre -noire