Galerie Bertran

Ecole de Rouen, Ecole Normande, Art, antiquités, peinture XIXeme et XXeme siècle



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Léon-Jules LEMAITRE


Léon-Jules LEMAITRE (1850-1905)

Après des études à l’Académie de peinture de Rouen puis dans l’atelier de Gérôme à Paris, Lemaître se passionne pour la peinture de plein air et l’impressionnisme. Il rallie à sa cause ses amis rouennais Frechon, Angrand et Delattre ; “Comme les trois mousquetaires, ils sont quatre, jeunes, ardents…” écrira un critique. Les toiles qu’il peint à cette époque avec une grande vivacité sont rejetées par le public.
Après plusieurs tentatives, toutes vouées à l’echec, il doit se résigner et adopte une technique plus “sage” pour représenter les “coins du vieux Rouen”, architectures auréolées de brouillard qu’anime une foule de petits personnages.

Tableaux de Léon-Jules LEMAITRE actuellement en vente à la galerie




Charles FRECHON


Charles FRECHON (1856-1929)

Inscrit en 1879 à l’Académie de peinture et de dessin, il rencontre Lemaître, Angrand et Delattre. Comme eux, il est séduit par les oeuvres impressionnistes et choisit de peindre en plein air. Ses couleurs claires appliquées sur la toile en petites touches légères composent des paysages d’une grande fraicheur : pommiers en fleurs, meules dorées, feuillages rougis par l’automne ou prairie enneigée…
Peintre des saisons, habile à saisir toutes les nuances de la campagne normande, il a brossé également quelques scènes charmantes de son jardin.

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Joseph DELATTRE


Joseph DELATTRE (1858-1912)

Ami fidèle d’Angrand et de Monet, c’est le défenseur farouche des idées nouvelles. Ses premières toiles s’inscrivent dans la tradition de l’école de Barbizon puis sa manière évolue, elle devient plus libre, les formes se simplifient, les contours s’estompent. Perdant leur caractère “conventionnel”, ses toiles se heurtent à l’incompréhension du public. Harcelé par les difficultés financières, il est contraint de travailler en usine.En 1895 , il crée ” l’Académie Libre” ouvrant son atelier à de jeunes peintres qu’il entraine sur le motif, au Pré du Loup ou sur la Côte Sainte-Catherine d’où l’on peut voir la ville, la Seine et les trois mâts.
Maître écouté et admiré par toute une génération d’artistes rouennais, il écrit avec modestie : “Je n’aurai donné qu’un petit son de flûte mais il aura été juste”.

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Edouard DE BERGEVIN


Edouard DE BERGEVIN (1861-1925)

Inscrit à l’académie de peinture de Rouen en même temps que Frechon, Angrand et Delattre, il poursuit sa formation à Paris dans l’atelier de Gérome qui le considère comme l’un de ses meilleurs élèves.
Portraitiste fort apprécié de ses contemporains, illustrateur et affichiste, c’est aussi un paysagiste délicat. Souvent accompagné de son ami Delattre, il se promène dans la campagne du côté de Dieppedalle ou Petit-Couronne, ou saisit l’atmosphère d’une rue de la ville aux cent clochers.

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Charles ANGRAND


Charles ANGRAND (1854-1926)

C’est le chercheur des “mousquetaires”. Après l’impressionnisme qu’il a très vite adopté, Angrand va se passionner pour les théories optiques. A Paris, il participe à la fondation du Salon des Indépendants, et fait la connaissance de Seurat qu’il accompagne dans ses recherches chromatiques. Ensemble ils étudient la division du ton, analysent la couleur et la lumière. Une démarche intellectuelle qui donne naissance à une nouvelle technique : plus de trait de pinceau , ni de touche irrégulière mais des pointillés de couleurs pures qui s’animent et se mélangent sous l’oeil du spectateur. Les toiles d’Angrand deviennent des mosaïques multicolores aux formes simplifiées. En 1891 , il abandonne la couleur pour se consacrer au dessin, évoquant avec tendresse la campagne du pays de Caux, les gestes des paysans, les fermes et les animaux des herbages.

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Charles ANGRAND (1854-1926)

It is the researcher of “Musketeers”. After Impressionism that he adopted quickly , Angrand will be passionate about the optical theories. In Paris, he participated of the foundation in the Salon des Independants , he met Georges Seurat who accompanies him in his chromatic research. Together they study the division of tone, analyze the color and light. An intellectual approach that gives birth to a new technique : no brush stroke, or irregular key but dashed pure colors that come alive and mingle in the eye of the beholder. The paintings became of multi colored mosaics with simplified forms. In 1891 he abandons color to devote himself to drawing, recalling fondly the country of Caux, gestures of farmers, farms and animals grassland.

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Ecole de Rouen : journal exposition d’été 2011 art.2


Charles Angrand

Charles Angrand

Ecole de Rouen : journal exposition d’été 2011 art.2

Charles ANGRAND (1854-1926)

Le compagnon de Seurat

Enfant du pays de Caux, cet artiste a peu produit et ses œuvres sont rares sur le marché. Nous somme heureux de pouvoir présenter cette Étude de nu qui de nouveau, croise notre chemin.
De caractère indépendant et solitaire, ce peintre déterminé s’est isolé dans ses recherches techniques et chromatiques. Pour chaque œuvre, il expérimente, ces nouvelles tentatives l’emmènent vers un perfectionnement en peinture, dessin et pastel. De son amitié pour Seurat, qu’il aura le privilège d’accompagner sur le motif à l’Ile de la Jatte, naît une passion pour le divisionnisme. Lors de ces années parisiennes il participe au Salon des Indépendants dont il devient l’un des membres.

Le critique Félix Fénéon parlait de lui en ces termes : « (Angrand) qui exposait pour la première fois en 1883 n’a pas adopté la facture impersonnelle et comme abstraite des dissidents de l’impressionnisme. Sa brosse d’une violence rusée, travaille et triture ingénieusement la pâte épaisse et plastique, la configure en reliefs, l’érafle, l’écorche, la guilloche et la papellone. »




Peintres de l’Ecole de Rouen


Charles ANGRAND (1854-1926)

Charles ANGRAND (1854-1926) : Maternité

Peintres de l’Ecole de Rouen

du 9 février au 31 mars 2007

Charles Angrand (1854-1926) : ” Maternité” Crayon Conté, cachet en bas à gauche, 65 x 48 cm Dessiné à Saint Laurent en Caux entre 1896 et 1899

Exposition : Génération of draughtsman 1962 the University of Michigan Muséum of Art Ann Arbor Galerie Michael Hass à Berlin

” Ce sont les plus beaux dessins de peintre qui soient, des poèmes de lumières…”

Paul Signac.




Sous le regard de Monet


“L’Ecole de Rouen”, on a coutume de grouper sous ce nom un certain nombre de peintres de milieux et même de tempéraments très différents, mais liés entre eux par une amitié à l’épreuve du temps et un même amour de la nature. Les trois premiers représentants de ce groupe sont Joseph Delattre, Charles Angrand et Albert Lebourg. Dès 1877, on désigne l’ensemble de ces peintres sous le nom d’Ecole de Rouen. En 1895, Joseph Delattre fonde une “Académie Libre”où viennent se joindre Pinchon, Louvrier, Guilbert, Couchaux, Vaumousse, Dumont, Tirvert, Hodé, Suzanne, Hénocque, Madeleine. Régulièrement Pissaro vient leur apporter son réconfort. En 1907, Delaunay et Paul Mascart créent la Sté des artistes rouennais et organisent des expositions à Rouen.

Aujourd’hui, la galerie Michel Bertran permet de retrouver ces impressionnistes rouennais “sous le regard de Monet” (1er Juin au 15 Septembre 1994)

Bulletin Economique
Juillet 1994




Sous le regard de Monet


Maurice LOUVRIER (1878-1954)

Maurice LOUVRIER (1878-1954)

 

Sous le regard de Monet

Exposition du 1 juin au 15 septembre 1994

De 1892 à 1894 Claude Monet peint ses Cathédrales de Rouen. Ses visites suscitent à la fois critiques et enthousiasmes.
” Les trois mousquetaires ” Ch. Angrand, A. Lebourg, L.J. Lemaître, et J. Delattre adhèrent à ce mouvement pictural. En 1896, ce dernier crée son académie libre de peinture en plein air qui deviendra un lieu de rencontre où les jeunes rapins : Charles FRECHON, Georges BRADBERRY, Maurice LOUVRIER, Marcel DELAUNAY, Robert Antoine PINCHON, Pierre DUMONT, Pierre HODE etc… Une trentaine d’artistes qui deviendrons les peintres de l’Ecole de Rouen.

 

Maurice LOUVRIER (1878-1954) : La cathédrale de Rouen




Ecole de Rouen : Journal du 11 mai 1988 art.1


Philippe ZACHARIE

Philippe ZACHARIE

Ecole de Rouen : Journal du 11 mai 1988

L’été 1888, il Y a tout juste un siècle, la vitrine de la galerie Legrip, rue de la Rèpublique à Rouen, offrait aux regards des passants des toiles signées Charles ANGRAND, Charles FRECHON et Joseph DELATTRE. Trois peintres paysagistes, amis fidèles, artistes audacieux, « jeunes, ardents, aimant la lutte » écrira plus tard un critique.
Et quelle lutte! Faire accepter à un public conservateur, habitué aux oeuvres sombres et « léchées » des maîtres académiques, la division du ton, les taches de couleurs pures, les formes dissoutes par la lumière, les ombres bleues, vertes ou mauves …
Eh oui, cette peinture qui nous semble aujourd’hui si « sage » indignait hier par son extravagance. Les comptes-rendus de la presse de l’époque sont à cet égard très instructifs. A l’occasion de l’exposition « impressionniste » de 1876, un critique respecté écrivait: « On vient d’ouvrir chez Durand-Ruel une exposition de soi-disant peinture. Le passant inoffensif entre, attiré par les affiches, et un terrible spectacle s’offre à sa vue. Cinq ou six déments, dont une femme se sont réunis pour exposer leurs œuvres. J’ai vu des gens éclater de rire devant ces tableaux ; quant à moi, j’ai souffert. Ces prétendus artistes se veulent intransigeants, « impressionnistes ». Ils prennent une toile, de la peinture et un pinceau, répandent de la couleur au hasard et apposent leur signature. C’est comme si les pensionnaires de Charenton ramassaient les cailloux du chemin croyant trouver des diamants » (1)
Dix ans plus tard, les propos se sont adoucis, les mentalités ont évolué, mais avec lenteur, et si Paris commence à s’accoutumer à ces audaces, il n’en est pas de même en province. La réponse de Camille PISSARRO à un ami rouennais qui l’invitait à exposer le confirme: « A Rouen, on me lancerait des pommes cuites. Pensez qu’à Paris nous sommes encore des galeux, des gueux. Non! Il est impossible qu’un art qui dérange tant de vieilles convictions réunisse l’assentiment, et à Rouen encore, patrie de Flaubert qu’ils n’osent avouer !.. » (2)
L’impressionnisme n’avait pas encore conquis ses titres de gloire et la voie choisie par nos jeunes peintres était loin d’être la plus « facile ».

La logique et la raison voulaient qu’ils peignent, comme leurs maîtres de l’école des Beaux-Arts, des sujets inspirés de l’histoire et de la littérature, le « Grand genre » composé de personnages aux allures théâtrales, impeccablement peints et modelés comme des statues de marbre. Mais voilà, l’esprit d’indépendance, l’amour de la nature et les fréquents séjours de Monet, Pissarro et Sisley à Rouen ont modifié le cours des choses. Lebourg, puis Angrand, Frechon, Delattre et Lemaître se sont mis à peindre en plein air, « sur le motif » comme disait Cézanne, des paysages « anodins » noyés dans la brume ou inondés d’une lumière nacrée, sans ruine antique ou toute autre fantaisie. Gustave MORIN leur avait inculqué l’art du dessin, le dosage savant des ombres et des lumières qui modèle les formes … , mais le « pleinairisme » nécessitait des techniques plus spontanées, capables de saisir la nature dans ses aspects les plus fugaces et ses nuances les plus subtiles. Au grand air, le modelé et le contour des formes s’estompent, le ton local disparaît et fait place à un échange infini de reflets dansants où le sujet tremble et se fond dans l’atmosphère humide des bords de Seine. Une « manière picturale » qui va très vite recueillir de nombreux adeptes parmi les jeunes artistes rouennais, grâce à l’initiative deJoseph DELATTRE d’organiser un cours de plein air. « Quand je dis cours, explique-t-il, c’est bien prétentieux, étant donné ma façon de voir le sujet. Ce sera plutôt un mode d’entraînement: promenades à la campagne, où chacun pourrait dire ce qu’il éprouve, où l’on pourrait causer, travailler … ». (2)
Une véritable « récréation » pour les élèves de l’école des Beaux-Arts, habitués à l’enseignement de Zacharie. Bientôt, ils sont huit puis dix à bénéficier des conseils de leur aîné: Marcel COUCHAUX, Maurice LOUVRIER, Léon SUZANNE le boulanger, Maurice VAUMOUSSE, Georges BRADBERRY, Narcisse HENOCQUE, Narcisse GUILBERT, Paul MASCART, Hippolyte MADELAINE, et plus tard Eugène TIRVERT, toute une pléiade de jeunes talents, avides de nouveauté et de liberté. L’expression « École de Rouen », si controversée, trouve ici l’une de ses raisons d’être. Imprégnés des mêmes paysages, des bords de Seine aux vieilles rues rouennaises, ils sont surtout liés par l’amitié et des lieux de rendez-vous communs : l’atelier de Joseph DELATTRE, rue des Charrettes, et les cafés d’alentour. Par la suite, les chemins divergent: les uns se contentent d’observer la nature et ses métamorphoses, les autres poursuivent leurs recherches, se nourrissant des révolutions picturales qui se bousculent en ce début de siècle. Du petit « écrin » de bleus et de gris peint par Maurice LEMAITRE, où la mer, les falaises et les silhouettes féminines se mêlent avec douceur, à la nature morte « cubisante » de Pierre HODE, on mesure toute la diversité de cette « école ». Deux générations d’artistes, un style propre à chacun et des influences plus ou moins marquées mais toujours la même sensibilité, la même poésie; celle des choses les plus simples: le bouquet de fleurs posé sur le rebord d’une fenêtre, l’enfant qui joue dans le jardin, les bateaux en attente dans le port ou les rues de la ville aux cent clochers.
Laurence FLAMENT

(1) E. GOMBRICH, « Histoire de l’art ». Flammarion, 1982.

(2) B. DU CHATENET, « Joseph DELATTRE », Ed. B.D.S., Rouen.

Reproduction – Philippe  ZACHARIE : La lecture
Dessin à la pierre -noire