Exposition du 7 décembre 2018 au 9 février 2019

le thème du paysage ou l’émancipation de la peinture.

Le paysage n’était pas considéré comme un genre noble par les académies d’art. Au cours du XIXe siècle, plusieurs artistes ont créé une rupture avec la domination et l’influence de l’Académie.

L’impressionnisme a fait école, et a largement influencé la production artistique de l’époque tout en créant un regard nouveau sur le paysage. 

Maurice LOUVRIER Le pont aux piles blanches huile sur toile signée en bas à gauche. Vers 1930 16 x 22 cm

Maurice LOUVRIER (1878-1954) – Le pont aux piles blanches – huile sur toile signée en bas à gauche. Vers 1930 – 16 x 22 cm

La Normandie, muse des peintres impressionnistes et post-impressionnistes

Les artistes recherchent des nouveaux motifs à peindre, et le territoire normand est une vaste source d’inspiration grâce à la diversité et la beauté de ses paysages : son littoral, ses ports, ses stations balnéaires à la mode et ses monuments. A la recherche de sensations visuelles et de variations lumineuses, les impressionnistes ont trouvé en Normandie un territoire au ciel changeant, où chaque jour, se forment de nouveaux paysages, une nouvelle esthétique.

Tous ces motifs saisis sur le vif, sur l’instant, offrent une riche palette de couleurs déclinables à l’infini. Les paysages contrastés, que les effets atmosphériques subliment, rendent l’éphémère et l’instantané uniques.

Joseph DELATTRE Le Café du Passage huile sur toile signée en bas à gauche. Vers 1900. 31 x 45 cm

Joseph DELATTRE (1858-1912) – Le Café du Passage – huile sur toile signée en bas à gauche. Vers 1900. 31 x 45 cm

Révolution de l’art pictural : peindre sur le motif grâce à de nouvelles inventions. 

Sortir de l’atelier et des villes pour peindre en plein air est facilité par du nouveau matériel allégé et plus maniable, avec notamment l’invention du tube de peinture (en 1841), et du chevalet de campagne (en 1857).

Les artistes recherchant des nouvelles sensations visuelles trouvent matière à leurs ambitions en Normandie. La région connaît un véritable succès, rendu possible par la création des lignes de chemin de fer entre Paris-Rouen (1843) et Paris-Le Havre (1847). La peinture sur le motif a révolutionné le choix des sujets. Le thème de l’eau sous toutes ses formes devient omniprésent dans ces représentations picturales.

Pierre LE TRIVIDIC (1898-1960) - Le port de Rouen - Aquarelle signée en bas à gauche. Vers 1930 - 49 x 58 cm

Pierre LE TRIVIDIC (1898-1960) – Le port de Rouen – Aquarelle signée en bas à gauche. Vers 1930 – 49 x 58 cm

Peintures d’eau (ou paysages d’eau)

La présence de l’eau dans les paysages, devient une marotte pour les artistes affranchis de l’Académie. L’eau est figurée par la mer, la Seine, les rivières, les ruisseaux, les mares, la pluie, la brume et le brouillard. 

Ces effets atmosphériques provoqués par des instabilités météorologiques, provoquent du mouvement, et ces éléments mobiles et éphémères que forment l’air et l’eau, sont traités de façon vivante. L’artiste transcrit avec ses harmonies de couleurs, les vibrations de lumière aux reflets changeants. 

…On peut entendre les bruits et percevoir les senteurs.

A différentes heures du jour, saisir la moindre variation lumineuse est une course pour l’artiste.

Fixer les nuages, la pluie, la brume, la fumée des bateaux et l’eau sur la toile en conservant le mouvement, devient la première préoccupation du peintre.

 

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Albert LEBOURG
Montfort-sur-Risle-1849 • Paris – 1928

Rouen, la Dame Blanche dans le port des yachts

Huile sur toile signée en bas à droite.
46 x 65 cm

François Depeaux, industriel rouennais est un grand collectionneur de peintres impressionnistes et postimpressionnistes. Il fait l’acquisition en 1895 d’un yacht écossais qu’il baptise la Dame Blanche (prénom de son épouse) et qu’il conserve jusqu’à son décès en 1920. Construit en 1877, en fer, (matériau moderne au milieu du XIXe siècle),et déjà équipé d’électricité, le nouvel armateur François Depeaux le réaménage, pour en faire un yacht à vapeur particulièrement confortable et raffiné. Il y reçoit des artistes comme Monet, Sisley, Lebourg et Pinchon. Pendant la 1ère Guerre mondiale François Depeaux met à la disposition du gouvernement son yacht pour les blessés du front.

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Pierre DUMONT
Paris -1884 • Paris – 1936

Voilier à Varengeville

Huile sur toile signée en bas à droite. Vers 1904-1905
60 x 73 cm

L’ élaboration des premières toiles aux teintes fauves de Pierre Dumont se situe vers 1901. Sa peinture lumineuse aux colorations vives est surprenante de modernité. Ces oeuvres encore très peu connues du grand public ravissent les collectionneurs, notamment outre-atlantique, où quelques très beaux spécimens sont conservés dans de grandes collections privées. Alors que les « fauvistes » Georges Braque et Émile Othon Friesz peignent à Anvers (1906) puis à la Ciotat (1907), quelques rouennais dont Pierre Dumont, Robert Antoine Pinchon et Maurice Louvrier travaillent en plein air en Normandie comme ici, à Varengeville.