Pierre Dumont

Pierre Dumont

Ecole de Rouen : journal exposition d’été 2011 art.4

Pierre DUMONT (1884-1936)

Un fauve de 1901 se libère.

L’été dernier, dans notre exposition « Normandie Impressionniste », nous avions réuni des toiles fauves de Pierre Dumont (1884-1936) dont une vue de La côte Sainte Catherine que nous dations sagement de 1907. La surprise fût grande quand nous avons découvert dans une collection, une toile de la même veine et d’un sujet identique datée de 1901. Nous connaissions la hardiesse des jeunes élèves de Delattre dont le Blainville-Crevon daté 1900 de Maurice Louvrier (1878-1954), mais ignorions que le jeune et tumultueux Dumont, encouragé par son maître et les discussions de l’atelier avait brossé si tôt des toiles si audacieuses, peut-être ébloui par les peintures de Van Gogh,. Nous sommes quatre ans avant l’exposition des Fauves et il est bon de reconsidérer certains de ces peintres, qualifiés à mauvais escient de suiveurs. Ils peignaient avec la fougue de leurs vingt ans et cherchaient à se singulariser dans leur art. Louvrier nous parle de ce temps où il se retrouvait avec le poète Francis Yard et son ami Pierre : « … Avec ceux-là aussi ce sera d’affolantes querelles : cris, verres renversés, injures, querelles ne s’arrêtant qu’à la naissance du pugilat. Mais avec eux, de l’amitié va naître, grandir au milieu d’un tas de luttes nécessaires. Cher vieux Delattre, qui avait un quart de siècle de plus que Dumont, quelle douceur et quelle beauté dans la trace que tu as laissée parmi nous. »