Galerie Bertran

Ecole de Rouen, Ecole Normande, Art, antiquités, peinture XIXeme et XXeme siècle



Nos journaux

Livre Festival Normandie Impressionniste 2013


 

ci contre : William Lionel WYLLIE (1851-1931) : Bateaux lavoirs à Rouenlivre présentant de nombreuses toiles inédites  sur le thème de l’eau. Présentation des peintres de l’Ecole de Rouen et d’autres artistes ayant posé leur chevalet en Normandie.

h/t – sbg – datée 1875
Sujets présentés :
La Seine de Paris à Rouen,  bords de mer, rivières , inondations, la pluie, la brume et tout ce que l’eau apporte à notre région.

Peintres exposés : Eugène Boudin, Stanislas Lépine, Maxime Maufra, Joseph Delattre, Léon Jules Lemaitre, Narcisse Guilbert , Pierre Dumont,
Robert Antoine Pinchon, Maurice Vaumousse, Georges Bradberry, Georges Cyr, Maurice Louvrier, Pierre Hodé, Pierre Le Trividic, Edouard de Bergevin, Paul-Elie Gernez, Léonard Bordes, Charles Frechon, Albert Lebourg etc.

format 21 x 21 cm – 60 pages
parution le 10 mai 2013 – 15€

 

 




Ecole de Rouen : journal exposition d’automne 2011 art.2


Léon Suzanne

Léon Suzanne

 Léon SUZANNE (1870-1923)

Un mitron pas comme les autres

Léon SUZANNE (1870-1923) : Autoportrait

Fils d’un boulanger, il travaille avec son père mais ce sont les pigments qui l’attirent plus que la farine ou le froment. Joseph Delattre, de 12 ans son aîné, est séduit par le talent de ce jeune autodidacte et l’accueille dans son Académie dès sa création. C’est en compagnie d’artistes comme Hénocque, Louvrier, Vaumousse, Couchaux et Bradberry que Suzanne suit Delattre sur le motif. Sa touche, comme celle de son ami Hénocque, est virgulée et saisit les délicates nuances des paysages du maître. Avec l’assurance, sa matière s’épaissit et ses couleurs sont plus franches ; huiles, aquarelles et pastels prennent des accents modernes et fauves.
Démobilisé en 1919, il se sert d’une brosse plus large et du couteau pour rendre l’atmosphère rouennaise avec des dégradés de bleus et de gris.

Avec une économie de matière, jouant des bleus, des blancs, des gris et surtout des réserves, Léon Suzanne, donne vie à cet autoportrait fascinant.




Ecole de Rouen : journal exposition d’automne 2011 art.1


Joseph Delattre

Joseph Delattre

Joseph DELATTRE (1858-1912)

Joseph Delattre, en ouvrant son école de plein air en 1896 attire les jeunes talents hors de l’école des Beaux Arts de Rouen, hostile aux courants nouveaux. Des autodidactes comme Hénocque et Suzanne entre dans cette académie libre sans étudier la peinture au préalable. Peintre doué d’une technique admirable, Delattre sait reconnaître au premier coup d’œil les jeunes talents qui l’entourent. En leur donnant des conseils judicieux, il sait les guider sans les contraindre ni les influencer. Avec lui, ils acquièrent une grande maîtrise en dessin et peinture en gardant chacun leur caractère et différence. La grande générosité et l’ouverture d’esprit de Delattre contribuent à faire la richesse de l’Ecole de Rouen.

Antoine Bertran




Ecole de Rouen : journal exposition d’automne 2011 art.8


Georges CYR

Georges CYR

Ecole de Rouen : journal exposition d’automne 2011 art.8

Georges CYR (1880-1964)

Arrivé à Rouen en 1914, il rencontre Dumont qui organise l’exposition Pour nos soldats, pour nos artistes et se lie d’amitié avec Louvrier et Jacques Villon. Le tableau Les coteaux de Bonsecours date de 1921. Peint du Cours la Reine, sur la rive gauche, il présente l’île Brouilly qui sera rattachée à l’île Lacroix l’année suivante. Le Pré aux Loup, peint du pont Corneille, nous montre la Côte Sainte Catherine dans des couleurs aussi vives, l’île Lacroix et la Seine traversée par un petit remorqueur traité d’une façon naïve et charmante. Sa rencontre avec E.O. Friez va changer sa palette vers 1925 et ses tons vont s’harmoniser dans des gammes de verts plus sourds. Son départ en 1934 pour le Liban va transformer sa manière de peindre. Il organise des expositions où se côtoient les sculptures de Rodin et les peintres cubistes, crée une école et, avec ses élèves, explore les nouvelles formes d’expressions picturales. A Beyrouth souffle un vent d’art moderne, et, sur les murs des maisons, les tapis sont remplacés par des tableaux. Ses aquarelles, très personnelles, sont restées dans le même esprit, elles suggèrent les paysages par des arabesques, que ce soit le Mont Saint Michel, Montmartre ou Beyrouth.




Ecole de Rouen : journal exposition d’automne 2011 art.7


Pierre Dumont

Pierre Dumont

Ecole de Rouen : journal exposition d’automne 2011 art.7

Pierre DUMONT (1884-1936)

Pierre Dumont a un rôle très important pour l’art moderne au début du XXème siècle. Las de La Société des Artistes Rouennais qu’il trouve trop indulgente au regard de l’avant-garde locale, il fonde avec Robert Antoine Pinchon, Eugène Tirvert et Maurice Louvrier le Groupe des XXX (réunion de trente artistes). Cet ensemble d’artistes novateurs est rapidement à l’étroit et devient en 1909 La Société Normande de Peinture Moderne, société qui comptera plus de soixante adhérents : Albert Marquet, Francis Picabia, Raoul Dufy, Jacques Villon, Marcel Duchamp etc.
En 1912 Pierre Dumont fonde avec le groupe de Puteaux (les frères Duchamp) Albert Gleizes et Jean Metzinger, La Section d’Or et organise l’accrochage d’une exposition qui deviendra légendaire à la galerie de la Béotie.




Ecole de Rouen : Journal de l’exposition d’automne 2011


Joseph DELATTRE

Joseph DELATTRE

Ecole de Rouen : Exposition d’automne 2011

La collection

A quoi ressembleraient nos musées sans les collections d’amateurs ? Elles en sont l’origine, et la pertinence du choix de leurs propriétaires a souvent permis de mettre en avant des courants ou des styles qui, sans elles, auraient été écartés de l’histoire de l’art. Contrairement aux institutions, le collectionneur prend des risques et s’inscrit dans sa contemporanéité. Audacieux, dévoré par sa passion, il s’intéresse à rassembler de manière cohérente un corpus d’œuvres, autour d’une école, d’un genre, d’une technique, d’une époque, d’un artiste…
La collection que nous présentons est celle d’un passionné d’impressionnisme, séduit par les artistes de sa région.  Tout naturellement, ce sont les peintres de l’Ecole de Rouen qui ont attiré son attention. C’est une partie importante de cette collection, allant de Joseph Delattre à Léonard Bordes enrichie de 3 œuvres d’André Lhote, que nous présenterons pour notre Exposition d’Automne. Certaines peintures nous dévoilent des facettes inconnues de ces peintres innovateurs, dont la sincérité artistique est mise en évidence. Un deuxième volet de cette collection sera exposée à partir du 15 janvier. La passion a mené cet amateur vers les recherches de ses contemporains . Il visite les ateliers et les soutient par ses achats. C’est une trentaine d’artistes normands figuratifs et abstraits qui ont travaillé dans la seconde moitié du XX ème siècle, qui vous seront présentés.




Ecole de Rouen : journal exposition d’automne 2011 art.5


Narcisse Hénocque

Narcisse Hénocque

Ecole de Rouen : journal exposition d’automne 2011 art.5

Narcisse HENOCQUE (1979-1902)

Il fait partie des premiers élèves inscrits à l’ Académie Libre de Delattre. Dans la lignée du maître, qu’il rejoint au Cercle de Petit Couronne en 1905, il s’imprègne de la nature et cherche le
secret de la lumière dans les brumes qui émanent de la Seine et dans les reflets brillants des champs de neige. Ses paysages sont toujours agréablement construits et dégagent une impression de sérénité.
Avec le tableau La Seine à Lescure, Narcisse Hénocque saisit un ciel
d’ hiver éclairé par le levant qui se reflète sur le Grand Tournant. On sent l’épaisseur ouateuse de la neige qui étouffe les bruits.




Ecole de Rouen : journal exposition d’automne 2011 art.3


Marcel Couchaux

Marcel Couchaux

Ecole de Rouen : journal exposition d’automne 2011 art.3

Marcel COUCHAUX (1877-1939)

Peintre animalier de premier plan, Marcel Couchaux excelle aussi dans le portrait et le paysage. Avec une mise en page peu banale et des harmonies de couleurs
audacieuses qui ne sont qu’à lui, il campe ces deux paysannes qui cheminent à pas lents, sans doute dans un chemin du Marais près de la Seine. Dans l’ombre de leurs visages, on distingue les sourires complices des deux vieilles copines qui s’en racontent de bien bonnes. Pour donner plus de force à cette ambiance de confidence, Couchaux fait venir la lumière dans leurs dos s’obligeant à un travail difficile dans les bleu nuits, les rouges sombres et des verts éteints qui nous amènent à scruter de plus près et à entrer dans l’intimité de la conversation.

Georges Dubosc, dans le Journal de Rouen du 5 octobre 1921, commente l’exposition chez Legrip : On pourra constater cette haute tenue de l’exposition actuelle … « Les vieilles », deux braves paysannes cassées par les ans, qui cheminent en bavardant le long d’un sentier. Marcel Couchaux, dans cette toile, a résolu le problème d’harmoniser les bleus profonds des vêtements avec les verdures des arbres.

 




Ecole de Rouen : journal exposition d’été 2011 art.6


Marcel Couchaux

Marcel Couchaux

Ecole de Rouen : journal exposition d’été 2011 art.6

Marcel COUCHAUX (1877-1939)

L’âme de la campagne normande…

Marcel Couchaux s’est singularisé en jouant son « petit air de flûte » comme le disait son maître Delattre. Attentif à ses préceptes, il se plonge dans une forme d’expression personnelle qui le passionne. Exprimer dans ses toiles, l’esprit de l’âme normande dans ses portraits d’animaux, dans ses visages de paysans rudes ou de ses enfants perdus dans leurs rêves. D’une pâte chaleureuse et grasse, et en mariant des couleurs étonnantes, il rend l’ambiance des cours de ferme et des vergers normands. Deux toiles de ce peintre seront visibles : « La lecture », où deux enfants sagement assis compulsent un album de famille. Vêtus de leurs baudes d’écolier, ils montrent le parti pris du peintre à privilégier le réalisme et l’étude de caractère sans trop de considération pour l’aimable. Et « La lessive » qui traduit l’ambiance d’une chaude soirée de printemps où les femmes se réunissent et s’affairent à étendre une fois par an, une grande lessive commune. Draps et chemises de lin forment un carré qui donne toute la profondeur au tableau. Cette toile a été exposée au Salon des Artistes Rouennais de 1913 qui rendait un hommage à Delattre décédé 6 mois plus tôt.

 




Ecole de Rouen : journal exposition d’été 2011 art.5


Alfred Dunet

Alfred Dunet

Ecole de Rouen : journal exposition d’été 2011 art.5

Alfred DUNET (1889-1939)

Cubisme aux lignes courbes…

Singulier personnage aussi qu’Alfred DUNET dont l’expression est très originale.
Il suit les pas de Pierre DUMONT et Pierre HODE pour s’installer à Montmartre dans les années 20. Ses vues de Rouen et de Paris sont sublimées et souvent déstabilisantes. Dans une matière grasse, les coups de brosses hachurent les couleurs sourdes et vives qui se superposent et se mélangent en suivant des lignes arrondies. Les murs de guingois et les toitures qui s’enchevêtrent achèvent ses paysages étranges qui tournent en rêve son cubisme poétique. Sujets de prédilection pour les peintres, la rue de l’Epicerie à Rouen, tout comme la Maison de Mimi Pinson de Montmartre que nous présentons ont aujourd’hui disparu. Cinq autres œuvres complètent la vision de cet artiste imaginatif.




Ecole de Rouen : journal exposition d’été 2011 art.4


Pierre Dumont

Pierre Dumont

Ecole de Rouen : journal exposition d’été 2011 art.4

Pierre DUMONT (1884-1936)

Un fauve de 1901 se libère.

L’été dernier, dans notre exposition « Normandie Impressionniste », nous avions réuni des toiles fauves de Pierre Dumont (1884-1936) dont une vue de La côte Sainte Catherine que nous dations sagement de 1907. La surprise fût grande quand nous avons découvert dans une collection, une toile de la même veine et d’un sujet identique datée de 1901. Nous connaissions la hardiesse des jeunes élèves de Delattre dont le Blainville-Crevon daté 1900 de Maurice Louvrier (1878-1954), mais ignorions que le jeune et tumultueux Dumont, encouragé par son maître et les discussions de l’atelier avait brossé si tôt des toiles si audacieuses, peut-être ébloui par les peintures de Van Gogh,. Nous sommes quatre ans avant l’exposition des Fauves et il est bon de reconsidérer certains de ces peintres, qualifiés à mauvais escient de suiveurs. Ils peignaient avec la fougue de leurs vingt ans et cherchaient à se singulariser dans leur art. Louvrier nous parle de ce temps où il se retrouvait avec le poète Francis Yard et son ami Pierre : « … Avec ceux-là aussi ce sera d’affolantes querelles : cris, verres renversés, injures, querelles ne s’arrêtant qu’à la naissance du pugilat. Mais avec eux, de l’amitié va naître, grandir au milieu d’un tas de luttes nécessaires. Cher vieux Delattre, qui avait un quart de siècle de plus que Dumont, quelle douceur et quelle beauté dans la trace que tu as laissée parmi nous. »

 




Ecole de Rouen : journal exposition d’été 2011 art.3


Pierre Le Trividic

Pierre Le Trividic

Ecole de Rouen : journal exposition d’été 2011 art.3

Pierre LE TRIVIDIC (1898-1960)

Regards croisés…

Dix sept ans ont passé et nous retrouvons sur nos cimaises ces deux dessins, témoins de la rencontre entre deux artistes à Rouen, Léonard Foujita, alors au sommet de sa gloire et Pierre LeTrividic, figure rouennaise bien connue. Le 13 mai 1930, le peintre Tsuguharu Léonard Foujita vient visiter son exposition de dessins et d’eaux-fortes de la Galerie Prigent à Rouen. Le Trividic est dessinateur pour le journal « Rouen Gazette » et couvre l’événement.
Séduits par leurs talents réciproques, les deux artistes se croquent. Le Trividic attrape, comme il sait le faire, les traits de l’artiste japonais pour la presse et exécute un dessin plus fini que nous reproduisons ci-contre. Foujita, quant à lui, saisit une feuille de la Bourse datée de la veille et esquisse le portrait de Le Trividic. Nous remercions Madame Sylvie Buisson qui a authentifié ce dessin..